Shiva nataraja

Au cours du règne des Chola à Tanjore (Inde méridionale), au XIIIe siècle, l’art de la sculpture connut une période florissante, notamment au travers des grandes divinités en bronze qui étaient alors promenées lors des processions. Ces statues représentaient Shiva en tant que « Roi de la danse ». Par sa danse, le dieu hindou Shiva incarne l’énergie cosmique, symbolisée par sa couronne de flammes.  Le dynamisme pondéré et la perfection technique de la sculpture en bronze du Musée du Cinquantenaire font de celle-ci un chef-d’œuvre.

Symbolique

Les mouvements de la danse illustrent les cinq activités de Shiva : la création du monde, sa préservation, sa destruction, son énergie et la libération. Le petit tambour que le dieu tient de sa main supérieure droite symbolise la création ; tandis que la flamme qui brûle dans sa main supérieure gauche, représente la destruction. Sa main antérieure droite fait le geste de l’absence de crainte c’est-à-dire la préservation du monde ; quant à sa main antérieure gauche, en trompe d’éléphant, elle illustre tant la création que la destruction. L’énergie de la divinité est accentuée par le fait qu’elle piétine le nain Muyalaka, symbole de l’ignorance et du mal. La jambe gauche levée fait allusion à la libération. La coiffure de Shiva est ornée d’un croissant de lune, d’une tête de mort et d’un cobra ; entre ses mèches de cheveux flottant au vent, apparaît la déesse Ganga qui représente la naissance du fleuve Gange.

Ramayana

La salle Inde accueille actuellement une exposition consacrée à l’épopée du Ramayana. Ce récit héroïque de l’Inde y est présenté au travers de 101 miniatures de 22 écoles picturales provenant du Musée National de New Delhi. Pendant toute la durée de l’exposition, les autres œuvres de la collection indienne seront donc remisées dans leur réserve, sauf ce Shiva en bronze du XIIIe siècle, qui est resté dans la salle. La divinité en profite sans nul doute pour jeter de temps en temps un regard au-delà des quatre colonnes en bois sculpté qui l’entourent – des pièces du XVIIIe siècle originaires du Kerala et qui recréent l’ambiance d’un temple hindou –, afin d’admirer tous ces petits chefs-d’œuvre de raffinement rassemblés autour d’elle.