Saviez-vous qu'il faut autant de cuissons qu'il y a de couleurs pour une peinture sur émail ?

Connue depuis l'Antiquité, la technique de l'émaillage consiste à appliquer sur une surface métallique, à l'aide d'un liant, une poudre de verre colorée au moyen de pigments métalliques. Une fois soumise à la chaleur du four, la structure cristalline de la poudre de verre se liquéfie. Après refroidissement, elle se solidifie à nouveau, formant une surface vitrée, dure et brillante. Chaque couleur d'émail atteignant son point de fusion à une température déterminée, autant de cuissons seront donc nécessaires qu'il y aura de couleurs différentes.

Au début du XVIIe siècle, l’orfèvre Jean Toutin élabore, sur base des acquis de ses prédécesseurs, une technique nouvelle de peinture sur émail consistant à appliquer sur une surface d’or, de cuivre ou d’argent, une première couche d’émail blanc opaque destinée à servir de base à une palette étendue de couleurs vitrifiables. Grâce à ce procédé, les orfèvres disposent enfin d’une gamme chromatique comparable à celle de la peinture à huile. Pour la première fois, les critères de résistance et de brillance propres à l’émail se conjuguent à un potentiel décoratif pratiquement illimité.

Capables de traduire avec précision le rendu des étoffes, le velouté des carnations, la luxuriance des paysages et des décors, les émailleurs vont reproduire en miniature les oeuvres des grands peintres du moment.

 

Revers de miroir : Atalante et Méléagre
Limoges, fin XVIe s.
Emaux translucides sur cuivre doré, cerclage en dents de loup moderne
Legs Vermeersch 1911
inv. V. 2828

à voir dans l'exposition Once upon a time jusqu'au 17 septembre 2017