Saviez-vous que les montres chinoises s'offraient souvent par deux ?

La Chine avait développé un intérêt marqué pour les montres émaillées, tant et si bien que des négociants spécialisés dans leur commerce s'étaient établis dans les comptoirs de Macao et Canton. Le succès des montres émaillées occidentales était tel que des horlogers européens avaient développé une production spécifiquement destinée à l'exportation vers le Levant.

Si d'une manière générale, les thématiques prisées par les Chinois ne diffèrent guère de celles que l'on apprécie alors en Europe (reproductions de tableaux célèbres, scènes coquines, paysages, décors fleuris, montres de formes...), on peut toutefois observer un goût prononcé pour les couleurs vives et acidulées, ainsi que pour les mécanismes fantaisistes, agrémentés de carillons et d'automates.

Assez étonnamment, les montres chinoises s'offraient souvent par paire, une bizarrerie que l'on pourrait expliquer par une tradition ancestrale voulant que les présents faits à un supérieur aillent toujours par deux. Cette coutume donna lieu à la création de couples de montres à décor identique mais inversé, créant de cette manière un effet de décor en miroir des plus surprenants.

 

Montre en forme de mandorle
Scène bucolique inspirée par La marchande de fleurs de Wheatley (The cries of London)
Mouvement signé William Ilbery, boîtier émaillé peut-être par Jean-François Victor Dupont
Londres et Genève, vers 1800
Mouvement en or émaillé, boîtier en or émaillé
Legs Marquis de Rodes
Inv. 2824
Second élément de la paire au Musée Patek Genève, inv. S-125