Saviez-vous que les montres émaillées étaient souvent offertes en gage d'amour ?

Le sentiment amoureux n’a jamais été autant valorisé qu’au XVIIIe siècle. L’importance grandissante accordée à l’individu, à ses sentiments et à ses aspirations personnelles aura une conséquence totalement inédite : l’apparition du mariage d’amour, qui graduellement parviendra à détrôner certaines valeurs patriarcales séculaires comme le lignage et la protection du patrimoine.

Dès les années 1750-1760, cette idéalisation absolue du sentiment amoureux évolue graduellement vers une sensiblerie de bon aloi ; la littérature, comme les arts plastiques et décoratifs regorgent alors d’allégories et de symboles se référant à l’amour sous toutes ses formes, de l’idéal le plus pur à la franche pornographie… Vers la fin du siècle, cette exacerbation amoureuse vire à la mélancolie et ouvre la voie au romantisme ; la passion semble d’autant plus forte que les obstacles sont importants.

Les montres émaillées, souvent offertes en gage d’amour, ne dérogent bien entendu pas à cette tendance envahissante : elles se parent de cupidons ailés, de carcans et de flèches, de colombes et de fleurs, d’autels et d’urnes fumantes, de conversations galantes, de couples célèbres empruntés à la tragédie et aux récits mythologiques, de chiens de la fidélité mais aussi, d’allusions masquées à l’acte sexuel, comme les lapins et les cornemuses…

 

Châtelaine avec montre
signée Julien Le Roy
Paris, vers 1750
Diamants, or et émaux peints
Inv. 2845

À voir dans l'exposition Once upon a time jusqu'au 17 septembre 2017