Saviez-vous que les horlogers européens créèrent des montres émaillées spécialement adaptées aux goûts de la clientèle orientale, turque, mais aussi perse et indienne ?

Les sultans ottomans avaient de tout temps fait preuve d'un intérêt marqué pour les garde-temps de fabrication occidentale, ce qui avait eu comme effet d'attirer à Istanbul une communauté d'horlogers européens, établis dans le quartier de Péra. Cet intérêt n'ayant jamais décru, bien au contraire, les horlogers européens vont, dès le milieu du XVIIIe siècle, créer des montres émaillées spécialement adaptées aux goûts de la clientèle orientale, turque, mais aussi perse et indienne. Ce marché lucratif perdurera pendant tout le XIXe siècle, perpétuant en Orient la tradition des montres émaillées alors que les Européens s'en détournaient peu à peu.

Les boîtiers, généralement de fabrication suisse, sont ornés d'émaux bariolés représentant des paysages, des vues du Bosphore, des fleurs, des fruits, des trophées de guerre ou de musique. Contrairement aux montres destinées au marché européen, elles disposent souvent d'un double, voire même d'un triple boîtier. Cette particularité peut s'expliquer par le fait que leurs propriétaires, qui étaient souvent de hauts dignitaires impériaux, portaient leur montre à la ceinture, à côté de leurs armes. Il convenait donc de les protéger davantage des chocs occasionnés par cette promiscuité.
 

Montre de carrosse avec coucou
Paysage lacustre
1830
diam. 9 cm
inv. 2204
 

à voir dans l'exposition Once upon a time jusqu'au 17 septembre 2017