Joli verre

Avec la conquête de César, la Gaule entre dans l’Empire romain et s’intègre dans des circuits économiques en pleine expansion. Le commerce à longue distance s’intensifie et  de nouveaux artisanats s’installent, sous l’impulsion des contacts avec le monde méditerranéen. C’est à cette époque que la verrerie connaît un développement sans précédent, grâce à la création d’ateliers régionaux. Ceux de Cologne et de Trèves vont alimenter nos régions pendant plus de trois siècles.

Conteneurs de produits précieux

Dans les premières décennies du Ier siècle de notre ère, la verrerie s’illustre principalement par des récipients qui étaient achetés pour leur contenu : petits flacons à parfums et à produits cosmétiques, importés de diverses régions de l’empire. Après le milieu du siècle, plusieurs riches tombes de femmes ont aussi livré des petites bouteilles carrées qui pouvaient s’acheter en lot, rangées par quatre dans une cassette en bois. Ces récipients ont alors la même capacité car ils ont été soufflés dans le même moule ; leur paroi est épaisse pour résister au transport.

Une vaisselle luxueuse

Le verre a très vite été apprécié à la table des nantis de la société, d’abord pour le service à boire, à cause de sa brillance colorée ou de sa transparence qui mettait en valeur les breuvages raffinés, et surtout parce qu’il n’en n’altère pas le goût. C’est aussi l’époque où le vin se répand en Gaule et devient la boisson noble du banquet.
Les vastes caveaux sous tumulus des grands propriétaires terriens de Hesbaye ont  préservé de superbes services, au sein desquels on pourra admirer quelques fleurons de la verrerie en Gaule. L’œnochoé de Cortil-Noirmont (Brabant wallon) rehaussée de filaments colorés est un véritable chef-d’œuvre technique, même si elle a perdu au fil du temps la dorure appliquée sur une partie du décor.  Dans une tombe de Vervoz (Liège), deux élégants canthares en verre marbré accompagnaient un service de coupes et assiettes de teinte naturelle. L’aspect bleuté ou verdâtre du verre était en effet produit naturellement par les impuretés présentes dans la matière. Les artisans avaient toutefois trouvé le moyen d’obtenir du verre parfaitement transparent mais cela n’excluait pas non plus le goût pour les couleurs plus franches créées par adjonction de matières minérales. Le flacon en forme de grappe de raisin de la tombe de Vorsen (Limbourg) est d'un pourpre profond.

Dans nos salles

Les verres gallo-romains sont exposés parmi les mobiliers funéraires issus de riches tombes monumentales. Une autre vitrine leur est aussi consacrée plus loin dans le parcours où figurent, entre autres, les belles coupes à décor de millefiori découvertes à Corroy-le-Grand (Brabant wallon) et à Hollogne-aux-Pierres (Liège).