Les momies à l'hôpital !

Les momies égyptiennes du Musée du Cinquantenaire passent au scanner aux Cliniques universitaires de Saint-Luc.

La naissance du projet

Les collections égyptiennes des Musées royaux d’Art et d’Histoire contiennent un grand nombre de momies humaines et animales. Si les momies continuent à fasciner le public belge et étranger, elles détiennent encore de nombreux mystères. Une précédente recherche menée dans les années 90 au musée a lancé une première campagne de radiographie pour une grande partie d’entre elles. Aujourd’hui, grâce aux progrès dans le domaine de l’imagerie médicale, il est possible de reprendre l’étude là où elle a été laissée. C’est dans le cadre d’un projet de thèse visant l’étude de ces momies qu’est née l’idée de procéder à de nouvelles analyses médicales consistant à les passer au scanner.

La concrétisation

Avec la collaboration du Service d’Imagerie médicale, les examens médicaux ont pu être pris en charge aux Cliniques universitaires de Saint-Luc. Depuis le mois d’août, trois séances de scans se sont succédées. Au total, 10 momies humaines et 15 momies animales ont été scannées. Les momies, préalablement emballées par les soins des restauratrices du musée, ont été transportées jusqu’aux Cliniques universitaires. À leur arrivée, elles ont été prises en charge par le personnel du département d’imagerie médicale. La compétence combinée de paramédicaux de ce département et de l’équipe d’ingénierie de la société Philips ont conduit à la réalisation de scans modernes permettant l’acquisition et la restitution d’images en 2D et en 3D. Le choix de cette méthode non invasive permet l’examen approfondi des restes momifiés sans nuire à leur intégrité mais au prix de longues périodes de manipulation des images sur des consoles de post-traitement dédiées normalement aux examens médicaux. Ces opérations ont eu lieu, bien entendu, en dehors des heures dédiées à la prise en charge des patients.

La présentation des premiers résultats

L’exposition Sarcophagi – Sous les étoiles de Nout offre la possibilité de présenter les premiers résultats au public à travers des images provenant des scans et d’un espace de projection. Ils fournissent notamment des renseignements sur la durée de vie des individus ainsi que sur leur état de santé au moment de leur décès. Plus globalement, ils enrichissent les sources écrites et iconographiques limitées quant aux pratiques funéraires et gestes techniques exécutés par les embaumeurs lors du processus de momification.

À venir

L’étude des résultats se poursuivra après le lancement de l’exposition. C’est pourquoi il sera possible d’alimenter et de compléter les informations au sein de l’espace de projection sur toute la durée de l’exposition. L’ensemble des données qui seront récoltées fera également l’objet d’une publication.