EXPOSITION PASSEE : Tumultes guerriers à la côte marocaine

Quatre tapisseries tournaisiennes de Pastrana
Me 13-01-2010 - Di 14-03-2010

Pendant deux mois, une série de quatre tapisseries exceptionnelles ont été exposées au Musée du Cinquantenaire. En temps normal, elles sont conservées au musée de la paroisse collégiale de Notre-Dame de l'Assomption à Pastrana, en Espagne. En 2009, les tapisseries furent amenées en Belgique pour y faire l'objet d'un traitement de restauration. Avant leur retour en Espagne, elles ont été exposées au Musée du Cinquantenaire.

L'importance de ces quatre tapisseries ne saurait être mise en doute. Les tapisseries tissées dans le dernier quart du XVe siècle sont rares, d'autant plus lorsqu'elles forment, comme c'est le cas ici, une série complète conçue pour décorer une seule et même pièce. Le niveau de technicité élevé témoigne de la compétence des artisans de jadis.

Le sujet abordé par cette série est la campagne militaire menée par le roi du Portugal Alphonse V en Afrique du Nord et, plus particulièrement, sur la côte marocaine. Le fait que ces tapisseries soient quasi contemporainesdes événements qu'elles relatent constitue également un élément exceptionnel. Elles représentent en outre une source précieuse d'informations sur l'habillement et l'armement des militaires portugais de l'époque, ainsi que sur leurs navires de guerre.

La représentation est donc tout à fait exceptionnelle puisqu’elle restitue des faits d’armes contemporains de sa réalisation. À cela, s’ajoute la reproduction de portraits des détenteurs du pouvoir de l’époque et des protagonistes des hostilités. Du reste, l’information fournie sur la tenue vestimentaire et les armures des militaires portugais et leurs navires de guerre y est très bien restituée.

Ce caractère de récit historique, similaire à une bande dessinée, est renforcé par les inscriptions des titres en latin sur chaque tapisserie. Malgré cette information, le mystère subsiste autour de ces tapisseries. Des documents manquent à propos de cette collection et peu d’éléments sont connus avec certitude : l’année exacte au cours de laquelle la série a été tissée, qui en était le commanditaire, et encore moins l’endroit de la production ou le nom de l’auteur. De plus, il ne subsiste pas grand-chose à propos des pérégrinations ultérieures de l’ensemble. L’origine des tapisseries n’est pas déterminée avec certitude, mais l’atelier du célèbre tisserand Passchier Grenier de Tournai peut toutefois être avancé et ceci sur base de comparaisons faites avec d’autres pièces provenant de ce dernier.

La Fondation Carlos de Amberes à Madrid, qui s’était donné comme mission de promouvoir les liens culturels entre l’Espagne et les anciennes dix-sept provinces, en quelque sorte la Belgique et les Pays-Bas actuels, avait pris l’initiative de restaurer quatre tapisseries. La restauration a été menée par la Manufacture royale De Wit à Malines grâce à l’apport financier du Fonds belge InBev-Baillet Latour et la Fondation espagnole Caja Madrid.

L'exposition entrait dans le cadre de la présidence espagnole de l'Union européenne.
L’Espagne et la Belgique partagent un passé fastueux. Cette exposition de tapisseries anciennes en était une démonstration.
Après Bruxelles, l'exposition s'est tenue à Tolède et à Madrid.