Célébrer les dieux par la compétition

Les concours panhelléniques dans toute la Grèce

Pour honorer leurs divinités, les Grecs instaurent de grandes fêtes lors desquelles se disputent des concours sportifs, musicaux ou théâtraux. La majorité de ces compétitions ont un caractère local et sont réservées aux citoyens masculins. Certaines vont cependant acquérir une aura internationale et attirer des participants de régions éloignées : les concours panhelléniques. Ils sont au nombre de quatre : les Jeux Olympiques pour Zeus, les Jeux Pythiques, à Delphes, pour Apollon, les Jeux Néméens (à Némée puis Argos) pour Zeus, et les jeux Isthmiques (à l’isthme de Corinthe) pour Poséidon. Les célébrations ont lieu tous les deux ou quatre ans. Chaque cycle de quatre ans commence avec les Jeux Olympiques, les autres compétitions s’étalant sur les trois autres années afin que les athlètes puissent participer à tous les concours. Inspirés des célébrations antiques, les Jeux Olympiques modernes, instaurés en 1896, connaîtront cet été à Londres leur 30e édition, du 27 juillet au 12 août !

Les jeux panathénaïques d'Athènes

À Athènes, les Panathénées sont célébrées chaque année pour honorer la déesse tutélaire de la cité, Athéna polias. Le point culminant des festivités est une grande procession qui amène à Athéna un vêtement (peplos) tissé par des jeunes filles de la cité. En 566 av. J.-C., le tyran Pisistrate instaure les Grandes Panathénées, qui ont lieu tous les quatre ans, et lors desquelles des concours musicaux et sportifs sont ajoutés aux célébrations habituelles. En partie modelées sur les Jeux d’Olympie, les Grandes Panathénées associent cependant aux épreuves olympiques (lutte, boxe, course à pied, course de char…) des concours locaux, réservés aux citoyens, disputés souvent en équipes et qui opposent les différentes tribus d’Athènes.

De l'huile d'olive en récompense

Les prix varient suivant les épreuves : pour les concours musicaux, le vainqueur reçoit une couronne d’or d’une valeur prédéfinie alors que pour les concours gymniques, le prix consiste en une quantité donnée d’huile d’olives. Celle-ci provient des oliviers sacrés, propriété de la déesse et de son sanctuaire. Elle est offerte dans des contenants fabriqués spécialement à cet effet, les « amphores panathénaïques », dont la capacité (environ 36 l.) et la décoration sont strictement régulées. Sur un côté apparaît Athéna en armes encadrée de deux colonnes le long desquelles il peut être indiqué « l’un des prix d’Athènes » et, à partir du IVe s. av. J.-C., la date où l’amphore fut faite. L’autre côté représente l’épreuve pour laquelle le vase fut remis en prix. La récompense dépend de l’épreuve et de la position du concurrent (premier ou deuxième). Pour la compétition la plus prestigieuse, la course de quadrige, le premier prix consiste en 140 amphores d’huile d’olives. Au total, il fallait environ 1500 amphores pour contenir toute l’huile offerte comme prix lors des Grandes Panathénées.

L’amphore panathénaïque de Bruxelles

Cette amphore date du IVe siècle av. J.-C., et plus précisément de 367/6, date à laquelle l’archonte (le magistrat qui donne son nom à l’année) d’Athènes était Polyzélos, dont le nom figure près de la colonne devant Athéna. Cette amphore fut trouvée à Benghazi (Libye). Comment est-elle arrivée là ? Elle a pu être ramenée par un concurrent local en souvenir de sa victoire aux Panathénées ou arriver là par voie commerciale. Sur un côté, se tient Athéna en armes, tournée vers la gauche. Au sommet des colonnes qui l’encadrent est représenté Triptolème dans son chariot ailé ; ce héros a apporté le blé aux humains à l’instigation de la déesse Déméter. Sur l’autre face, trois jeunes hommes imberbes disputent l’épreuve de sprint (le stadion, une longueur de stade, environ 180 m) dont le premier prix, pour les hommes, est de 80 amphores d’huile.