Bonne année !

La gourde du Nouvel An égyptien

Cette gourde aplatie, décorée de motifs floraux et géométriques, appartient à un type de vases créé au Nouvel Empire. Ces récipients étaient probablement destinés à recueillir de l’eau au premier jour de l’inondation annuelle du Nil, qui marquait également le Nouvel An égyptien.

Des crues bonnes ou mauvaises

La crue du fleuve, personnalisée sous les traits du dieu Hâpy, laissait sur les terres agricoles, lors de son retrait, de riches alluvions permettant de multiples récoltes. Mais l’inondation pouvait être d’ampleur variable, selon l’intensité des pluies qui tombaient sur les hauts plateaux éthiopiens, aux sources du Nil. Parfois, elle était trop abondante et violente, envahissait les zones habitées et emportait les terres arables lors de son retrait ; d’autres fois elle était insuffisante pour fertiliser les champs, entraînant des crises agricoles et des famines. Il s’agissait donc pour les anciens Egyptiens de se concilier les faveurs de Hâpy, pour qu’il octroie une crue d’un niveau optimal, garantissant d’abondantes récoltes et la prospérité générale du pays. Les gourdes du Nouvel An étaient probablement utilisées lors des rites de fertilité en l’honneur du dieu, qui marquaient les fêtes de l’inondation.

Les ampoules de Saint Ménas

Ces objets auront une lointaine descendance : aux premiers siècles du christianisme, on voit apparaître des récipients de forme analogue, appelés « ampoules de Saint Ménas », d’après le nom d’un saint copte qui est généralement figuré sur leurs côtés. Ces gourdes étaient destinées à contenir de l’eau bénite, probablement une lointaine survivance des rituels de la crue pharaoniques…