09-12-2016

Deux nouvelles tapisseries à découvrir !

La collection de tapisseries du Musée du Cinquantenaire est la plus grande de Belgique. Elle est exposée partiellement dans des présentations en rotation dans les salles d’art décoratif. Depuis peu, deux belles acquisitions y ont trouvé une place.

Paysage avec pergola et animaux

Audenarde, vers 1560-1580
Laine et soie
Bellegem, collection privée

La tapisserie dans le premier circuit nous a été donnée en prêt par un particulier. C’est un exemplaire tissé à Audenarde vers 1560-1580, un très bel exemple d’un nouveau genre de tapisseries qui faisait alors son apparition. Le plan central est entièrement orné par de la verdure décorative. Celle-ci peut consister en de grands feuillages ou, comme ici, en un paysage animé par des combats d’animaux ou des scènes de chasse. Le cadre architectural détaillé sur l’avant plan, qui sert également de bordure, rend cette exécution très spéciale. L’élaboration du paysage, les animaux et l’architecture est rendue plus vivante encore par les enfants jouant devant et les figures actives au-dessus.

Paysage avec fermiers en repos et fumants

Projet attribué à Pieter Spierinckx (1635-1711) pour le paysage et Alexandre Van Bredael  (1663-1720) pour les personnages
Audenarde, fournisseur Albert Goeman, deuxième quart du XVIIIe siècle
Laine et soie

La seconde tapisserie a été achetée avec l’aide des Amis du Musée. Elle provient également d’un métier à tisser d’Audenarde mais au moins 150 ans plus tard. Grâce à des documents, on sait que le fournisseur Albert Goeman était actif dans le deuxième quart du XVIIIe siècle. La tapisserie est un bel exemple de la méthodologie commerciale des ateliers d’Audenarde. Des artistes spécialisés déposaient des cartons pour les paysages et pour les personnages. Ces projets sont attribués à Pieter Spierinckx (1635-1711) pour le paysage et Alexandre Van Bredael (1663-1720) pour les personnages. Ces cartons, ensuite agencés différemment, donnaient un certain nombre de combinaisons possibles selon les besoins et les préférences du client. Ce dernier pouvait choisir le nombre de personnages ainsi que le type de paysage pour agrémenter l’arrière-plan. Dans ce cas-ci on a opté pour une combinaison de deux thèmes populaires de l’époque : un panorama italianisant avec des fermiers.